.

La découverte d’un cahier d’Isidore Pagés poète narbonnais

DSC04627Le nom d’Isidore Pagés est aujourd’hui inconnu de tous ses compatriotes. C’est pourtant celui d’un poète audois primé aux Jeux-floraux de l’Escolo audenco de Carcassonne en 1908 pour son poème « A la fountaïno », à qui l’on doit de nombreux textes occitans inédits.

Auteur d’une chanson imprimée intitulée « Carnabal IV » (Cantate n°2) Cansou sus l’aïre de Cadet-Roussel (Narbonne, Typo-Lithographie F. Laffont, rue de l’ancien courrier, s.d.) où il est qualifié de relieur, Isidore Pagés reste oublié des historiens audois (Sabarthès, Jourdanne, Fourié). Ses textes absents de la Cigale narbouneso (1911-1949), ainsi que de la Revue de l’Aude (1886-1888) devenue en 1889 la Revue méridionale (1889-1915), qui publièrent de nombreux auteurs occitans, ont pour certains été publiés dans la Gazette mondaine de l’Aude et du Roussillon : Journal littéraire, artistique, théâtral, judiciaire et sportif, paraissant le dimanche au cours de l’année 1909.

Une partie seulement de sa production littéraire nous est connue par les cahiers qui a laissé dans lesquels sont soigneusement relevés l’ensemble de ses poèmes. C’est un ces cahiers manuscrits accompagné de plusieurs dessins exécutés à la plume et représentant les principaux monuments de la ville de Narbonne qui a été confié au CIRDOC par Monsieur Gilbert Viviès de Marcorignan, au début du mois de mai 2015.

DSC04625Ce cahier, daté du 12 au 14 février 1910 – relevé 10e cahier – contient 39 poèmes dont plusieurs ont été primés aux concours de poésies à Carcassonne, Narbonne 1908 (La barbo), Cette 1908 (Uno beilho d’elecsîu), Avignon 1907 (Lou baquiè Guilhaumet), Béziers 1908 (Lou dourmi letargique), Montauban 1908 (Bernat lou tracassiè).

Gageons que cette annonce permette de retrouver les neuf autres cahiers afin de faire mieux connaître l’oeuvre complète d’Isidore Pagés, poète narbonnais.

Le dernier des poèmes du cahier est intitulé « Lou ben de Cers », du nom de ce vent d’ouest spécifique à la région narbonnaise. Appelé Circius par les romains, il porte le nom de vent le plus ancien de France. Le Cers prend naissance en Haute-Garonne  passe entre les Pyrénées et le Massif-central et se dirige vers Marseille pour finir dans le golfe de Gènes. Soufflant près de trois jours sur quatre tout au long de l‘année, le Cers permet un ensoleillement maximum plus de 3000 heures de soleil par an et chasse les nuages réduisant le nombre des précipitations et procurant le climat particulier à cette partie du Languedoc.

Le Cers a façonné le cadre de vie des habitants qui ont de tout temps construit leurs habitations le dos au vent, ainsi que le faisaient, il y a sept siècles, les archevêques de Narbonne, comme le signale M. Michel Bourzeix, directeur de recherches honoraires à l’INRA qui étudie ce phénomène depuis de nombreuses années. Cette découverte fut pour M. Gilbert Viviès de nous confier quelques confidences sur ce vent (prochainement en ligne !).

Dans son poème Isidore Pagés relève les qualités premières du Cers mais y ajoute des vertus moins connues comme celle de soigner les malades engourdis, de chasser la paresse ou encore d’ouvrir l’appétit.

Liens : 

 Aujourd’hui  numérisé, la Liro ensoulelhado, le cahier d’Isidore Pagès est désormais entièrement consultable sur Occitanica.

Vous aussi devenez coopérateur du patrimoine occitan !

Vous détenez de la documentation littéraire, de la correspondance ou des témoignages de la vie littéraire occitane d’hier et d’aujourd’hui ?

Vous pouvez contribuer à la mémoire occitane en permettant au CIRDÒC de la conserver ou la reproduire.

Contacts : g.bancarel@cirdoc.fr - 04.67.11.85.18


Share on Google+

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>